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Colloque sur les interactions hôtes-agents pathogènes

Les chercheurs unissent leurs forces pour combattre les maladies infectieuses

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30 octobre 2017 // par Stéphanie Thibault
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Qu’ils soient des virus, des bactéries ou des parasites, les pathogènes et les maladies qu’ils causent tuent sans relâche. Première cause de mortalité mondiale, on ne comprend pourtant pas encore toutes les manœuvres qui leur permettent de franchir les barrières physiologiques et les défenses immunitaires pour s’installer et proliférer chez leurs hôtes. La science progresse cependant et les scientifiques redoublent d’ardeur alors que la résistance aux antibiotiques menace d’alourdir le bilan. Plusieurs d’entre eux ont partagé leurs découvertes lors du premier colloque Interactions hôtes-agents pathogènes qui s’est déroulé les 16 et 17 octobre 2017 au Centre INRS–Institut Armand-Frappier.
 
 
 
 
Réunissant des conférenciers de renom tels que John Brumell, Gary Kobinger et Alain Mérieux, ce colloque a posé un regard sur les dernières avancées scientifiques spécifiques à la relation très intime entre un pathogène et son hôte. 
 
Mieux comprendre les bactéries

 

D’entrée de jeu, le professeur John Brumell de l’Hospital for Sick Children et de l’Université de Toronto a présenté ses travaux  visant à mieux comprendre comment le pathogène Listeria monocytogenes se dissémine dans le corps lors d’une infection. Rusée, cette bactérie détourne les mécanismes naturels de l’immunité à son avantage pour faciliter l’invasion des cellules. 
 
Bactérie la plus connue du microbiote intestinal, E. coli est au centre des travaux présentés par le professeur Charles M. Dozois de l’INRS. Présente chez les animaux autant que chez les humains, elle participe à l’augmentation de la résistance globale aux antibiotiques, une crise qui inquiète les scientifiques. Le professeur Dozois analyse différentes souches d’E. coli afin de mieux comprendre ce qui la rend plus ou moins pathogène et ainsi identifier de nouvelles approches alternatives  à l’utilisation d’antibiotiques pour contrecarrer les infections.
 
Parmi les approches explorées à ce titre au cours du colloque, le professeur Éric Déziel propose de brouiller les communications entre les bactéries. Prenant son modèle d’étude comme exemple, le pathogène opportuniste Pseudomonas aeruginosa, il a fait la démonstration de stratégies qui les empêchent de s’organiser pour mener une infection.
 
Les virus, du terrain au laboratoire

 

Amenant l’auditoire à une autre échelle, le professeur Gary Kobinger, directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval, a fait part des nombreux défis rencontrés pour déployer un vaccin contre le virus Ebola en Afrique.  Malgré qu’il ait rendu possible la création d’un vaccin, atteindre les populations dans un délai utile lors d’une éclosion d’Ebola demeure toujours difficile. 
 
Pendant ce temps, d’autres virus inquiètent, tels que la dengue et Zika. Aucun vaccin n’existe à l’heure actuelle contre ces virus, mais les scientifiques progressent dans la compréhension de ces pathogènes. Le professeur Laurent Chatel-Chaix de l’INRS a d’ailleurs présenté ses travaux sur ces deux virus montrant qu’ils modifient l’organisation des organelles dans les cellules infectées. Ces modifications, parmi lesquelles on compte l’allongement des mitochondries et leur contact avec des « usines de réplication de virus », participent à créer un environnement favorable à la réplication des virus de la dengue et de Zika. 
 
D’autre part, la capacité de certains virus à attirer l’attention du système immunitaire peut également devenir un outil thérapeutique, comme l’a fait valoir le professeur Alain Lamarre de l’INRS. Ce dernier et son équipe utilisent des nanoparticules virales dans une approche contre les infections et le cancer.
 
 
Les parasites livrent leurs secrets
 
Causant la leishmaniose viscérale, une maladie chronique potentiellement  mortelle et répandue sur plusieurs continents, le parasite intracellulaire Leishmania donovani occupe l’équipe de la professeure Simona Stäger à l’INRS. Cette dernière a partagé les dernières avancées dans le décryptage du détournement  du système immunitaire par le  parasite. Elle démontre comment  des récepteurs normalement utilisés pour reconnaître les pathogènes peuvent être utilisés par le parasite pour induire l’activation polyclonale des cellules B et l’augmentation excessive des anticorps. Ces mêmes récepteurs induisent aussi la mort cellulaire dans les cellules T CD4. Cette nouvelle voie de signalisation semble être utilisée aussi pendant une infection VIH et pourrait représenter un mécanisme de régulation de l’inflammation au détriment de la réponse immunitaire.
 
Autre parasite, autre casse-tête. La toxoplasmose, maladie notamment transmise à l’humain par les chats, a récemment fait les manchettes parce qu’elle est soupçonnée de prédisposer à des problèmes neurologiques. La professeure Maritza Jaramillo de l’INRS a présenté des résultats démontrant que le parasite responsable de la toxoplasmose, T. gondii, dérègle la traduction des gènes dans les cellules hôtes en modulant la protéine mTOR. Il s’agit d’une des nombreuses stratégies mises de l’avant par ce parasite pour assurer sa survie.
 
Faire de la recherche... sans oublier l'humain
 
Finalement, le colloque a permis un recadrage des priorités personnelles et scientifiques des participants grâce à une conférence inspirante du Dr Alain Mérieux, président de bioMérieux et nouvellement docteur d’honneur de l’INRS. Dr Mérieux a relaté une partie de son parcours en insistant sur l’importance de garder à l’esprit les femmes, les hommes et les enfants qui bénéficieront des travaux de recherche. 
 
Au cours de sa vie, le Dr Mérieux a pris part à la mise en place de laboratoires dédiés à la santé publique malgré l’adversité, dans des pays instables ou contre la volonté politique des Occidentaux. Son témoignage invite à la réflexion et à l’engagement.
 
Ces deux journées d’échange ont pris place sur un campus où s’est écrite une page de l’histoire de la santé publique au Québec. Site à partir duquel le Dr Armand Frappier a entre autres mené les opérations de la lutte contre la tuberculose, l’actuel centre de recherche poursuit la mission de ce pionnier. 
 
Aujourd’hui, à l’INRS–Institut Armand-Frappier, trente équipes de recherche en infectiologie et en immunologie poussent plus loin la compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires qui régissent les interactions entre les pathogènes et les hôtes qu’ils infectent. Il s’agit d’une des plus grandes concentrations de chercheurs dans ce domaine au Québec. ♦
 
 
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