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Trois laboratoires de l’INRS testent des molécules thérapeutiques pour développer un médicament contre le SRAS-CoV-2

Des recherches pour un antiviral à large spectre contre les coronavirus

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13 mai 2020 // par Audrey-Maude Vézina
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Trouver des molécules capables de traiter la COVID-19, c’est la mission que se sont donnée les professeurs Steven Laplante, Laurent Chatel-Chaix et Alain Lamarre de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Ensemble, ils vont tester des milliers de molécules thérapeutiques sur des cellules infectées pour déterminer leur efficacité contre les coronavirus.
 
Des recherches pour un antiviral à large spectre contre les coronavirus

 

Ces travaux de recherche ne sont pas pour un vaccin, mais bien pour un antiviral capable de traiter les gens infectés par le SRAS-CoV-2 et souffrant de la COVID-19. « L’objectif est de diminuer la réplication virale pour éviter la tempête inflammatoire qui est responsable d’une grande partie des décès », lance le professeur Laurent Chatel-Chaix.

 

Le laboratoire de Steven Laplante testera principalement des molécules déjà acceptées par le Food and Drug Administration aux États-Unis (FDA) afin d’accélérer le processus de création d’un médicament. « Habituellement, ça peut prendre de 12 à 15 ans, mais nous n’avons pas ce luxe. Si l’une des molécules déjà approuvées fonctionne, ce sera plus rapide de passer à des essais cliniques, car on sait déjà qu’elle est sécuritaire pour le corps humain », explique le chercheur spécialiste en chimie médicinale dont le projet a reçu un financement de 70 000 euros de la Task Force Coronavirus du Réseau International des Instituts Pasteur.

 

Comment savoir si une molécule est efficace ? Le professeur Laplante la combine avec différentes protéines tirées du virus pour voir s’il y a une interaction. Il s’intéresse particulièrement à deux protéines qui se trouvent à l’intérieur de tous les coronavirus, la protéase et la polymérase. Ainsi, le médicament serait actif contre tous les types de coronavirus, pas seulement le SRAS-CoV-2. « S’il y a une autre éclosion dans 5 ans avec un virus muté ou un autre coronavirus, nous aurions déjà un antiviral fonctionnel », souligne-t-il.

 

En parallèle avec les travaux de Steven Laplante sur les molécules déjà approuvées, le professeur Laurent Chatel-Chaix testera des drogues développées par le professeur Charles Gauthier de l’INRS dont la molécule de base a déjà montré un effet contre d’autres coronavirus que le SRAS-CoV-2. Il testera aussi des molécules tirées de la librairie du Réseau québécois de recherche sur les médicaments. Par ailleurs, il validera les molécules ciblées par le professeur Laplante dans un contexte infectieux.

 

 

Le professeur Steven Laplante
Le professeur Steven Laplante
 
Le professeur Laurent Chatel-Chaix
Le professeur Laurent
Chatel-Chaix
 
Le professeur Alain Lamarre
Le professeur Alain Lamarre

Un système viral et un modèle animal sur mesure

 

Afin de tester toutes les molécules voulues, le laboratoire de Laurent Chatel-Chaix va développer un virus SRAS-Cov-2 modifié. « Nous allons ajouter une séquence dans le génome du virus qui code pour une protéine bioluminescente. Nous serons ainsi capables de mesurer directement la réplication du virus en fonction de la lumière émise », explique le chercheur en virologie moléculaire. 

 

Une fois les molécules prometteuses identifiées pour des cellules infectées, les chercheurs devront passer aux tests dans un modèle in vivo afin d’assurer leur efficacité et leur sécurité. Le laboratoire d’Alain Lamarre développera donc un modèle de souris afin d’adapter le coronavirus SRAS-CoV-2 à un hôte différent de l’humain.

 

Ce même modèle pourra aider également le chercheur à mieux comprendre le lien entre la dose d’infection et la quantité d’anticorps dans le sang, une information utile pour le développement de vaccin.

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