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Les interférons de type I perturbent la réponse humorale

Nouvelle cible thérapeutique contre les infections virales persistantes

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11 janvier 2017 // par Amélie Côté
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La vie est une question d’équilibre et l’organisme ne fait pas exception à cette règle. Ainsi, les niveaux d’expression d’une protéine peuvent influer sur la capacité du système immunitaire à neutraliser ou non un virus. Appelées interférons de type I (IFN-I), ces cytokines, jusqu’alors considérées comme des protéines clés dans la réponse antivirale, pourraient aussi contribuer au maintien de l’infection dans certaines pathologies virales. Le professeur Alain Lamarre du Centre INRS-Institut Armand-Frappier et son équipe ont réalisé des avancées significatives sur le rôle des IFN-I pouvant avoir des retombées prometteuses pour traiter plus efficacement des maladies virales comme l’hépatite C (VHC) ou l’immunodéficience humaine (VIH). 
 
 
Multiples voies de signalisation des interférons de type I
 
Synthétisés par une multitude de cellules, les IFN-I engendrent des réponses diversifiées en fonction de la cellule cible et des différentes voies de signalisations empruntées. Lors d’une infection virale « typique », la réplication du virus dans la cellule infectée mène à l’expression d’IFN-I via divers récepteurs reconnaissant les pathogènes (PRR). Ces cytokines lient ensuite un récepteur spécifique (IFNAR) sur les cellules avoisinantes qui enclenche généralement des réactions qui stimulent les défenses immunitaires de l’hôte. Il en est toutefois autrement lors d’infections chroniques, où une exposition prolongée aux IFN-I a plutôt des effets immunomodulatoires négatifs sur l’organisme.
 
 
Mise en évidence du rôle des IFN-I dans les infections virales chroniques
 
Une perturbation de l’immunité humorale, i.e. liée à une production excessive d’anticorps non spécifiques, a été observée dans plusieurs infections persistantes, notamment celles causées par le VHC, le VIH et le virus de la chorioméningite lymphocytaire (LCMV), un modèle expérimental d’infections virales persistantes. Cette perturbation se traduit par un débalancement dans les sous-populations de lymphocytes B et une production anormalement élevée d’anticorps polyclonaux (hypergammaglobulinémie), noyant la spécificité de la réaction immunitaire. 
 
Les plus récents travaux menés par l’équipe du Pr Alain Lamarre visaient à élucider des mécanismes moléculaires qui perturbent  le système immunitaire lors d’infections virales chroniques. Les résultats de l’étude ont mis en lumière plusieurs mécanismes expliquant le rôle des IFN-I dans ce dérèglement immunitaire. D’abord, avec l’aide de marqueurs spécifiques, son équipe a mis en évidence une expansion anormalement élevée des TFH, une sous-population de lymphocytes T CD4+ qui dans ce contexte, perturbe l’environnement splénique et déclenche l’expansion des lymphocytes B non spécifiques. La présence accrue de TFH est également observée au détriment d’autres cellules T qui contribuent à éliminer l’infection.
 
En parallèle, l’équipe a démontré que la réponse humorale était aussi affectée de façon plus directe par les IFN-I. De fait, la spécificité antigénique a pu être rétablie en bloquant le récepteur des IFN-I sur les cellules B. Ainsi, les IFN-I agissent directement sur les cellules B en favorisant une réponse non spécifique au détriment de la réponse spécifique.
 
L’équipe du Pr Lamarre a identifié des voies de signalisation impliquées dans la perturbation de l’immunité humorale lors d’infections chroniques par le LCMV, mais la complexité des réactions engendrées par les IFN-I nécessite des recherches plus poussées. Bien qu’on ne sache pas encore si les IFN-I sont une cause ou une conséquence de la persistance virale, l’importance de leur rôle dans la réponse humorale est confirmée. Ces molécules constituent donc des cibles thérapeutiques attrayantes pour contrer les infections virales chroniques. 
 
 
Source des travaux 
 
Daugan, M. et al. (2016) Type I Interferon Impairs Specific Antibody Responses Early during Establishment of LCMV Infection. Front. Immunol. (Vol. 7 : 564).
 
Murira, A. and Lamarre, A. (2016) Type I Interferon Responses : From Friend to Foe in the Battle agains Chronic Viral Infection. Front. Immunol. (Vol. 7 : 609).
 
 
 

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