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La mutation d’une protéine affecte la propagation et la virulence d’un virus respiratoire

Percée dans le monde des coronavirus réalisée par des chercheurs de l’INRS

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10 novembre 2015 // par Gisèle Bolduc
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Des chercheurs québécois ont découvert qu’une modification dans une protéine du coronavirus ralentit sa propagation dans le système nerveux central et diminue sa neurovirulence. C’est la première fois que ce phénomène est observé dans le monde des coronavirus responsables du tiers des rhumes et soupçonnés d’être associés au développement ou à l’aggravation de maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer, ou encore des encéphalites. Cette avancée, qui vient d’être publiée dans la prestigieuse revue PLoS Pathogens, a été réalisée dans le laboratoire de neuro-immunovirologie du Centre INRS–Institut Armand-Frappier.
 
En analysant plus d’une soixantaine d’échantillons des voies respiratoires humaines infectées par le coronavirus humain, les chercheurs ont découvert la présence d’une mutation importante dans sa protéine S qui permet au virus de modifier sa capacité d’infecter les cellules nerveuses. Celle-ci est aussi associée au degré de virulence du coronavirus. 
 
« Nous avons remarqué que le changement d’aspect de cette protéine n’affectait pas la capacité du virus à atteindre le système nerveux central, mais le virus ayant subi une mutation devenait moins pathogène et neurovirulent, probablement en modifiant son mode de propagation de neurone à neurone, suite à l’action de protéines cellulaires appelées proprotéines convertases, qui provoquent plus efficacement la modification d’aspect de la protéine virale, explique le professeur Pierre Talbot, responsable de cette étude. Dans ces conditions, le coronavirus pourrait provoquer plus facilement une infection persistante dans le système nerveux central. En virologie, ce phénomène est connu pour induire certaines neuropathologies à développement lent ou aggraver des maladies neurologiques chez l’humain. »
 
Ces résultats permettent de mieux comprendre le mécanisme d’établissement d’une infection coronavirale persistante et pourraient ainsi aider à prévenir le développement de maladies neurologiques associées chez l’humain.
 
À propos de la publication
Cette recherche a été réalisée par Alain Le Coupanec, étudiant au doctorat, Marc Desforges, associé de recherche, en tant que copremiers auteurs, Mathieu Meessen-Pinard, étudiant au doctorat, Mathieu Dubé, stagiaire postdoctoral, tous du laboratoire de neuro-immunovirologie de l’INRS, Robert Day, professeur de l’Université de Sherbrooke, Nabil Seidah, professeur à l’IRCM, et Pierre Talbot, professeur et directeur du Laboratoire de neuro-immunovirologie du Centre INRS–Institut Armand-Frappier, et auteur de correspondance. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue PLOS Pathogens sous le titre « Cleavage of a neuroinvasive human respiratory virus spike glycoprotein by proprotein convertases modulates neurovirulence and virus spread within the central nervous system » (DOI : 10.1371/journal.ppat.1005261). La recherche a bénéficié du soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada, d’une Chaire de recherche du Canada senior attribuée à Pierre Talbot, ainsi que des bourses du Fonds de recherche – Santé et de la Fondation universitaire Armand-Frappier de l’INRS.  
 

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