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Doctorat honoris causa

Philippe Kourilsky honoré

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1er February 2006 // by INRS
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L’Université du Québec, sous l’égide de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), a remis un doctorat honoris causa à monsieur Philippe Kourilsky, professeur au Collège de Paris, membre de l’Académie des sciences et directeur général honoraire de l’Institut Pasteur de Paris. La cérémonie s’est tenue le samedi 26 novembre 2005 au Collège Jésus-Marie à Québec dans le cadre de l’édition 2003-2004 et 2004-2005 de la collation des grades de l’INRS.

 

C’est avec beaucoup de fierté que l’INRS a rendu hommage à monsieur Philippe Kourilsky, un visionnaire humaniste à la carrière remarquable. Scientifique émérite et administrateur hors pair, M. Kourilsky a notamment contribué de manière exceptionnelle à la génétique moléculaire et à l’immunologie.

 

Associé au Réseau international des Instituts Pasteur depuis près d’un an, l’INRS–Institut Armand-Frappier a eu l’occasion de collaborer avec Philippe Kourilsky, dont l’ampleur des réflexions sur l’avenir de la recherche, de la science et de la santé impressionne.

             

Hommage à Philippe Kourilsky

 

Scientifique émérite et penseur visionnaire, Philippe Kourilsky est aussi un homme d’action qui n’hésite jamais à intervenir sur la place publique pour défendre ses idées et les valeurs humanistes qui lui tiennent à cœur.

 

Fils de médecins d’origine russe, né en banlieue parisienne, Philippe Kourilsky se consacre à la biologie après des études de mathématiques et de physique à l’École Polytechnique de Paris. Pour son doctorat, il choisit comme directeur de thèse le biologiste François Gros, un des pionniers de la génétique en France, aujourd’hui secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences.

 

Le jeune Kourilsky impressionne le grand biologiste par son sérieux et sa capacité à s’intéresser autant aux aspects fondamentaux de la science qu’à ses applications. François Gros dira plus tard de lui qu’il est son meilleur produit. Quant au lauréat du prix Nobel, James Watson, découvreur de la structure de l’ADN, il écrira à son propos qu’il est l'étudiant le plus intelligent qu’il ait jamais rencontré.

 

Au début de sa carrière, Philippe Kourilsky s’intéresse d’abord aux mécanismes de transcription des gènes. Il devient rapidement un des précurseurs du génie génétique. Après quelques années à la Faculté des sciences de Paris, le biologiste entre à l’Institut Pasteur en 1972. En cette époque de grande effervescence scientifique, Philippe Kourilsky réussit le clonage du premier ADN complémentaire. Il met au point des techniques d’hybridation d’acides nucléiques encore largement utilisées de nos jours pour le diagnostic de maladies infectieuses.

 

Le chercheur côtoie Jacques Monod, autre prix Nobel, et fait partie de l’équipe qui réussira, pour la première fois, à transférer le gène de la principale protéine du blanc d’œuf dans une bactérie et une levure.

 

En 1981, Philippe Kourilsky est le premier à cloner les gènes codant pour les antigènes majeurs d'histocompatibilité de classe 1 de la souris. Ces travaux jettent un nouvel éclairage sur les mécanismes moléculaires qui gouvernent la réponse immunitaire. Dès lors, ses études se concentrent sur l’immunologie moléculaire et la caractérisation du développement de l’immunité, notamment au niveau d’un type de cellule particulier, les lymphocytes T. Récemment, Philippe Kourilsky et son équipe ont mis au point de nouvelles techniques pour déterminer la taille des répertoires de cellules immunitaires de l’homme et de la souris, c’est-à-dire la diversité de cellules sollicitées lorsque l’organisme réagit contre le non-soi.

 

Les travaux de recherche de Philippe Kourilsky ont donné lieu à la publication de près de 350 articles dans des revues scientifiques de renommée internationale. Tout au long de sa carrière, le chercheur a dirigé plus de 50 étudiants au doctorat. Récipiendaire de nombreux prix et distinctions, il est membre de l’Académie des sciences et détenteur de la Chaire d’immunologie moléculaire au Collège de France depuis 1998, en plus d’être officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’Ordre national du mérite.

 

Amoureux de la science, plus encore quand elle peut déboucher sur des applications concrètes, Philippe Kourilsky s’est aussi laissé tenter par l’expérience industrielle. En 1981, il est le cofondateur de la société Transgène, une des premières entreprises de biotechnologies en France. Puis, il siège au conseil scientifique de la compagnie Rhône-Poulenc en 1986, sans pour autant quitter la recherche fondamentale, son guide.

 

Tout en dirigeant l'Unité de biologie moléculaire du gène à l'Institut Pasteur (Unité 277 de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale – INSERM), Philippe Kourilsky fut, de 1993 à 1996, directeur des recherches de Pasteur-Mérieux-Connaught, aujourd'hui Sanofi-Pasteur.

 

Cette volonté de concilier recherche fondamentale et applications industrielles lui vaudra bien des critiques, mais l’homme a la force de ses convictions. Bourreau de travail, il potasse ses dossiers, court plusieurs lièvres à la fois, mais ne se laisse jamais dépasser. Sous ses airs parfois autoritaires, il se plaît à entretenir une ambiance de travail chaleureuse, reste serein et d’humeur égale, toujours ouvert au dialogue et à la discussion. Père de quatre enfants, joueur de tennis et de pelote basque, il sait aussi relaxer et s’amuser en famille ou entre amis.

 

En 2000, Philippe Kourilsky prend la direction de l’Institut Pasteur. Il imprime à cette institution plus que centenaire une vision moderne de la recherche, de la formation et du transfert technologique. Malgré les remous que suscitent ses prises de position, c’est d’une voix douce, toujours posée, qu’il explique sans relâche les réformes qu’il entend mener, s’opposant au paternalisme qui marqua jadis le mode de direction de l’Institut, prônant un rapprochement avec le secteur privé, à même de valoriser les recherches et d’assurer des retombées concrètes aux travaux des scientifiques.

 

Revendiquant la tradition humaniste chère à Louis Pasteur, il se lance dans un ambitieux projet de redéploiement du Réseau international des Instituts Pasteur (RIIP), le plus vaste regroupement mondial d’institutions spécialisées en recherche sur les maladies infectieuses.

 

Sous son égide, le Réseau connaît une expansion phénoménale, passant de 21 à 29 instituts associés, sur les cinq continents. Tous partagent des missions et des valeurs fondées sur l’humanisme, la générosité et l’action internationale.

 

Il y a tout juste un an, l’INRS–Institut Armand-Frappier devenait la première organisation en Amérique du Nord associée au Réseau international des Instituts Pasteur. En 1938, le docteur Armand Frappier fondait l’institut qui porte encore son nom sur le modèle de Pasteur. Ces deux institutions ont toujours partagé des préoccupations communes, notamment quant à l’importance de la recherche sur les maladies infectieuses.

 

L’intégration de l’INRS–Institut Armand-Frappier dans le Réseau international des Instituts Pasteur fut pour nous l’occasion de collaborer avec Philippe Kourilsky, dont l’ampleur des réflexions sur l’avenir de la recherche, de la science, de la santé et du développement durable impressionne.

 

Philippe Kourilsky fait sans cesse la preuve de son humanisme. L’an dernier, il engageait l’Institut Pasteur aux côtés de Médecins Sans Frontières et d'autres centres de recherche dans l'initiative DNDi, un appel à la mobilisation internationale pour la recherche sur les maladies négligées que soutient également l’INRS–Institut Armand-Frappier. Triste apanage des pays pauvres, les fléaux oubliés de l’Occident, que sont notamment la leishmaniose et la tuberculose, font chaque année treize à quatorze millions de victimes.

 

Rappelant que 90 % de l'argent investi en recherche et développement dans la santé va à 10 % de la population mondiale, Philippe Kourilsky entend ainsi inciter les gouvernements à élaborer des programmes de recherche sur ces maladies et à s'engager financièrement à long terme. Le scientifique n’hésite pas à braver les critiques quand, au nom de l’éthique et de l’égalité des hommes, il prône un assouplissement des normes pour permettre aux pays les plus pauvres de produire les médicaments et les vaccins dont ils ont tant besoin.

 

Par de nombreux articles, manifestes et interventions, Philippe Kourilsky a largement contribué au débat public sur les impacts sociaux de la recherche en sciences de la vie. En 1999, le premier ministre français Lionel Jospin lui confiait la rédaction d’un rapport très attendu sur le principe de précaution.

 

Auteur de plusieurs livres grand public, cet homme pourtant réservé se préoccupe, depuis ses débuts, de communiquer la science, persuadé que les scientifiques doivent participer au dialogue social et mieux expliquer les enjeux de la science au grand public.

 

Pour toutes ces raisons, l’Institut national de la recherche scientifique est très fier d’accueillir monsieur Philippe Kourilsky et de reconnaître la vision humaniste et la carrière remarquable de ce chercheur hors du commun.

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