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By communications - Posted on 30 juin 2016

La science au service des blessés 
L'effort de guerre d'Armand Frappier 

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Contexte

 
Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, le Canada veut organiser ses services médicaux militaires pour anticiper l’afflux de blessés en provenance des théâtres d’opérations. Puisque des réserves de sang seront nécessaires en grande quantité pour les soigner, le Conseil national de recherches du Canada créé des comités de recherche sur le sang, sa conservation, son stockage, mais aussi sur ses dérivés et substituts, afin de cerner quelle stratégie devrait adopter le pays.
 
À la suite des expériences du Dr C. H. Best de l’Université de Toronto, les autorités canadiennes optent, à la fin 1940, pour la préparation du sérum normal humain, un dérivé du sang. Comme il est nécessaire d’avoir de grandes quantités de sang pour sa préparation, on met en place le premier programme national de don de sang. La Société de la Croix-Rouge canadienne, responsable de la collecte de sang, va établir des cliniques spécialisées sur tout le territoire pour accueillir les dons de sang qui se feront de manière volontaire et sans rétribution. Le sang collecté sera acheminé à Toronto. Dans les Laboratoires Connaught, on procèdera à son traitement jusqu’à l’obtention du sérum normal humain, sous une forme liquide et desséchée. Il sera ensuite envoyé sur les champs de bataille pour venir en aide aux soldats canadiens et alliés.
 
Rapidement, on pressent et l’on observe que les dons vont être nombreux et que les laboratoires subventionnés par le gouvernement à Toronto ne vont pas être suffisants. La perspective de répartir les tâches avec un autre centre de traitement du sang est envisagée. Selon la Croix-Rouge et certains de ses comités, dont le Comité du service de dons de sang, il serait judicieux que celui-ci soit situé dans l’est du Canada, pour recevoir les dons de cette partie du pays. Aussi, l’Institut de microbiologie et d’hygiène de l’Université de Montréal se positionne comme le candidat idéal.
 

L’Institut de microbiologie et d'hygiène de l'Université de Montréal

 
D’après le Dr Frappier, le jeune Institut de microbiologie peut jouer un rôle majeur dans l’effort de guerre que va fournir le Canada. Son expertise et celles de ses collègues, les recherches qu’ils ont menées et notamment celles sur le BCG, la confiance du Conseil national de recherches du Canada qui s’est traduit par des subventions de recherches, mais aussi le soutien de l’Université de Montréal qui va héberger les nouveaux locaux de l’Institut de microbiologie, sont autant d’acquis qui seront déterminants dans l’implication patriotique à venir. 
 
À partir de la fin 1941, la Société de la Croix-Rouge canadienne va préconiser, auprès du gouvernement fédéral, l’autorisation d’un deuxième centre canadien pour traiter le sang des donneurs afin de ne pas risquer une pénurie de sérum et aussi pour délester les Laboratoires Connaught de Toronto qui traitent alors tous les dons du Canada. De plus, un centre dans l’est du pays pourrait prendre en charge les dons provenant de la province du Québec ou des Maritimes. Selon la Croix-Rouge canadienne, ce centre devrait être l’Institut de microbiologie, car il présente tous les avantages techniques et une position géographique stratégique. 
 
Il faut encore un an et l’intervention de l’ancien premier ministre du Canada, Richard Bedford Bennett, avant que le ministère des Pensions et de la Santé nationale autorise un deuxième centre à traiter le sang pour les besoins des soldats. Les Laboratoires Connaught vont fournir une aide technique et matérielle à l’Institut de microbiologie, qui va commencer, en octobre 1943, par séparer le sérum du sang, avant d’effectuer le processus complet jusqu’à dessiccation, comme on le fait à Toronto. La livraison du matériel et des équipements a accusé un retard important. Des coûts se sont également ajoutés. Cela fait en sorte que la production de sérum humain desséché ne débute qu’en mars 1944 et qu’il ne sera prêt à être expédié qu’en septembre 1944.