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By anne-marie.dubois - Posted on 06 September 2016

La science au service des blessés 
L'effort de guerre d'Armand Frappier 

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Émancipation de la bactériologie au Québec

 

Les progrès scientifiques réalisés pendant l’effort de guerre se prolongent en temps de paix et se matérialisent dans une volonté commune d’améliorer la santé publique au Canada et surtout au Québec. Ce courant général de réforme sanitaire et sociale incite le Québec à prendre des mesures pour se moderniser.

 

Cette modernisation se manifeste par des initiatives comme le projet de fonder une école d’hygiène au sein de l’Institut de microbiologie. C’est au Dr Frappier et à d’autres acteurs publics influents (Chambres de commerce de Montréal, ministre provincial de la Santé) que l’on doit l’origine de ce projet. Selon eux, il est temps que le Québec modernise ses secteurs de la santé, qu’il puisse être autosuffisant dans la production de produits biologiques nécessaires aux besoins sanitaires et qu’il puisse former ses propres scientifiques au lieu qu’ils étudient à l’étranger (États-Unis ou Toronto).

 

La mise en place d’un enseignement spécialisé de l’hygiène publique et de la médecine préventive va apporter plusieurs bénéfices à la province. L’enseignement au sein de l’École d’hygiène sera donné en français et de nouvelles carrières scientifiques et spécialisées dans l’hygiène vont s’ouvrir et moderniser le paysage scientifique québécois. Ces experts pourront produire ce dont la province a besoin en matière de santé publique. De plus, les profits tirés de la vente de ces produits biologiques « retourneront à la science » et viendront alimenter les recherches et l’enseignement.

 

L’École d’hygiène s’inscrit donc dans la microbiologie moderne initiée par l’Institut Pasteur de Paris. Outre la volonté de favoriser des carrières scientifiques en français et de renforcer le savoir-faire canadien-français, la fondation de l’École d’hygiène répond à certains buts que s’était fixé l’Institut de microbiologie, à savoir rendre la province économiquement plus autonome dans le domaine scientifique et favoriser l’enseignement spécialisé.

 

Avec l’accord de l’Université de Montréal et le soutien financier du gouvernement provincial, l’École d’hygiène est fondée à la fin de l’année 1945 et débute ses activités en 1946. Le Dr Frappier en sera le doyen (1945-1965) et l’Institut de microbiologie lui fournira ses locaux et ses experts pour l’enseignement et la recherche.