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Pierre Talbot  -  Intérêts de recherche

Maladies neurologiques virales.

Les coronavirus et la sclérose en plaques chez les patients et dans un modèle animal.

La sclérose en plaques (SP) constitue la maladie neurologique la plus répandue chez les jeunes adultes, atteignant une fréquence de 0,1 à 0,2% dans les régions à haut risque comme le Canada et le nord des États-Unis et de l'Europe. Les causes de la maladie ne sont pas connues mais semblent inclure des facteurs génétiques et environnementaux, ces derniers probablement des virus. On suspecte qu'une ou des infection(s) bénigne(s) subie(s) avant l'adolescence déclenche(nt) la maladie chez des personnes génétiquement susceptibles, ce qui se manifeste par des des réactions auto-immunitaires dirigées contre des antigènes de les gaines de myéline enrobant les fibres nerveuses dans le système nerveux central. Parmi les nombreux candidats viraux dans l'étiologie de la SP figurent les coronavirus, une famille de pathogènes respiratoires impliqués dans jusqu'à 30% des rhumes chez l'être humain.

L'équipe du Pr Talbot a récemment détecté la présence de ces virus dans le cerveau de certains patients mais pas de témoins, déterminé l'infectabilité par les deux souches connues du coronavirus humain de cellules neuronales et gliales en cultures primaire et continue, et identifié la présence chez une forte proportion de patients mais pas de témoins de lymphocytes T reconnaissant à la fois un coronavirus humain et un antigène de la myéline.

Les travaux en cours visent à continuer la caractérisation du neurotropisme des coronavirus humains et la possibilité qu'ils puissent déclencher une maladie neurologique auto-immunitaire par mimétisme moléculaire d'antigènes de la myéline.

En parallèle, l'équipe du Pr Talbot caractérise la réponse immunitaire protectrice contre les coronavirus dans un modèle animal où les coronavirus murins neurotropes causent une encéphalite aiguë qui se développe en un maladie démyélinisante récurrente qui constitue l'un des meilleurs modèles animaux d'étude de la sclérose en plaques. Les résultats récents de ces travaux montrent que les souris peuvent être vaccinées contre l'infection virale par une protéine virale immunopurifiée, des peptides synthétiques ou biosynthétiques ou même des anticorps anti-idiotypiques et que la protection peut être conférée passivement par certains anticorps monoclonaux et leurs fragments. Les mécanismes sous-jacents ces diverses approches prophylactiques et thérapeutiques font l'objet des travaux en cours.

Mots-clés :

  • coronavirus
  • virus
  • neurotropisme
  • sclérose en plaques
  • immunologie
  • autoimmunité

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