Épidémiologie du cancer
Maladies chroniques, cancer, asthme infantile
531, boulevard des Prairies
Laval (Québec) H7V 1B7
CANADA
Les effets potentiels de la stimulation non spécifique du système immunitaire en bas âge par la vaccination avec le Bacille Calmette-Guérin (BCG)
Collaborateurs:
Dr Marie-Élise Parent, INRS-Institut Armand-Frappier
Dr Yves St-Pierre, INRS-Institut Armand-Frappier
Dr Andrea Benedetti, INRS-Institut Armand-Frappier
Plusieurs études suggèrent un lien possible entre la vaccination, les infections infantiles et la maturation du système immunitaire. Le vaccin BCG est un immunostimulant impliqué dans la sensibilisation des lymphocytes Th1 à produire des cytokines. Les résultats épidémiologiques portant sur les effets de la vaccination par le BCG sont contradictoires. Certaines études ont suggéré une plus faible incidence d’asthme, d’allergies et de diabète de type 1 chez des sujets vaccinés. Le vaccin BCG a également été suggéré comme facteur préventif potentiel pour la leucémie et le mélanome, mais comme facteur de risque pour le lymphome non hodgkinien et la maladie de Hodgkin.
Un programme de vaccination par le BCG a eu lieu au Québec de 1949 à 1975, instigué par Dr Armand Frappier lui-même. Les certificats de vaccination pour la province étaient envoyés au registre central, conservé à l’INRS-Institut Armand-Frappier. L’objectif général du présent programme de recherche consiste à déterminer si la stimulation non spécifique du système immunitaire en bas âge par le vaccin BCG est associée à des effets bénéfiques ou néfastes pour la santé. Le registre de vaccination BCG est une ressource unique qui présente un énorme potentiel pour répondre à des questions concernant les effets possibles de ce vaccin sur la santé.
Nous étudions la faisabilité et la validité de coupler cette source de données avec des bases de données administratives disponibles au Québec (Med-Écho, RAMQ, Fichier des tumeurs du Québec). Une fois la validation terminée, des projets spécifiques basés entre autres sur le registre de vaccination BCG seront entrepris.
Nos présents travaux ouvriront la porte à des études portant sur le lien entre l’immunité, les infections et un vaste éventail de conditions médicales. La portée des connaissances générées ira bien au-delà de la vaccination BCG, en contribuant à une meilleure connaissance du rôle de l’immunostimulation en jeune âge et de certains des facteurs menant à l’étiologie de maladies chroniques à caractère inflammatoire ou auto-immunitaire.
Facteurs de risque professionnels et non professionnels pour le cancer du poumon: Analyse d’une étude cas-témoins montréalaise
Collaborateurs :
Dr Jack Siemiatycki, Université de Montréal (principal investigator)
Dr Marie-Élise Parent, INRS-Institut Armand-Frappier (co-principal investigator)
Dr Michal Abrahamowicz, Université McGill
Dr Bruce W. Case, Université McGill
Dr Daniel Krewski, Université d’Ottawa
Dr Karen Leffondré, Université de Montréal
Cette étude vise à évaluer le rôle de 300 agents chimiques que l’on peut retrouver dans l’environnement de travail dans l’étiologie du cancer du poumon. Environ 1 200 patients nouvellement atteints de cette forme de cancer et 1 500 témoins de la population générale ont été interrogés afin d’obtenir une description détaillée de leur histoire professionnelle, des tâches qu’ils ont effectuées, des procédés et des produits chimiques qu’ils ont utilisés. Suivant une approche méthodologique développée par notre groupe et qui est maintenant reconnue comme la méthode de référence pour ce genre d’études, une équipe de chimistes industriels de l’Institut a révisé l’histoire professionnelle et inféré l’exposition possible aux différents agents chimiques. Bien que certaines substances chimiques (ex. amiante, arsenic, chrome hexavalent, etc.) soient reconnues comme cancérigènes pulmonaires, plusieurs autres sont soupçonnées de l’être et leur rôle doit être précisé. Il est aussi fort probable qu’un grand nombre d’agents chimiques encore méconnus augmentent le risque de développer un cancer du poumon. Il est important d’identifier les agents professionnels cancérigènes afin d’établir des mesures préventives chez les travailleurs. Toutefois, la portée de cette étude excède largement le contexte professionnel des individus. En effet, l’environnement professionnel représente l’un des meilleurs milieux pour étudier le rôle des agents chimiques puisque les niveaux d’exposition y sont habituellement plus élevés que dans l’environnement général, et donc plus facilement mesurables, et que la plupart des agents chimiques professionnels se retrouvent éventuellement dans l’environnement général.
La collecte de données et le codage des expositions professionnelles étant terminés, nous amorçons l’analyse statistique de cette vaste étude. Trois thèmes généraux seront explorés : A) les expositions professionnelles et le cancer du poumon; B) les expositions autres que professionnelles et le cancer du poumon; C) les développements méthodologiques qui permettront des analyses de fond plus poussées.
Étude du risque de mésothéliome chez des résidentes des régions productrices d’amiante au Québec
Collaborateurs :
Dr Jack Siemiatycki, Université de Montréal (chercheur principal)
Dr Marie-Élise Parent, INRS-Institut Armand-Frappier
Dr Michel Camus, Santé Canada
Dr Bruce W. Case, Université McGill
Le mésothéliome est un cancer rare, à très longue latence, se présentant surtout chez des travailleurs exposés à l’amiante. La cancérogénicité de l’amiante a été démontrée à l’aide de plusieurs études effectuées chez des travailleurs. Le cancer du poumon et le mésothéliome de la plèvre et du péritoine sont notamment reconnus comme étant associés à une exposition professionnelle à l’amiante. De nos jours, l’amiante se retrouve communément dans l’environnement, bien que généralement à de faibles concentrations. Ce projet vise à évaluer le risque de mésothéliome chez des individus exposés à des concentrations d’amiante moins élevées que celles retrouvées chez des travailleurs de l’amiante. Il porte spécifiquement sur des femmes, qui sont moins susceptibles d’être également exposées dans le cadre de leur travail. Les objectifs de ce projets consistent à : 1) comparer les taux d’incidence du mésothéliome chez les femmes des régions minières d’amiante aux taux d’incidence chez d’autres femmes du Québec; 2) valider le modèle de prédiction de risque du mésothéliome proposé par le Environmental Protection Agency aux États-Unis; 3) effectuer une analyse cas-témoins afin d’identifier l’effet de diverses sources d’exposition à l’amiante (domestique, environnementale, professionnelle) chez des résidentes des régions productrices d’amiante du Québec. Les cas potentiels de mésothéliome de 1970 à 1989 ont été identifiés à partir des départements de pathologie d’approximativement 80 hôpitaux au Québec, situés dans 9 régions sociosanitaires et représentant environ 80% de la population féminine du Québec. Les diagnostics ont été revus par trois experts pathologistes à partir des dossiers médicaux et de spécimens pathologiques lorsque disponibles. Les analyses statistiques sont présentement en cours pour les trois objectifs principaux de ce projet.
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