Épidémiologie du cancer
Rôle des facteurs environnementaux et professionnels, du mode de vie et des facteurs génétiques dans l'étiologie de diverses formes de cancer
531, boulevard des Prairies
Laval (Québec) H7V 1B7
CANADA
La prévention représentant la meilleure arme contre le cancer, il est nécessaire d'identifier les facteurs de risque de cette maladie. Les activités de recherche de la Pr Parent visent à évaluer, à l'aide des principes et méthodes propres à la recherche épidémiologique, si l'environnement, les habitudes de vie et les facteurs génétiques jouent un rôle dans l'étiologie du cancer.
Étude cas-témoins du rôle des facteurs environnementaux et professionnels, du mode de vie et de la susceptibilité génétique dans l'étiologie du cancer de la prostate.
(Subventionnée par la Société canadienne du cancer, par le biais de l'Institut national du cancer du Canada)
Le cancer de la prostate demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes au Canada. Chaque année, près de 22,000 canadiens sont diagnostiqués d'un tel cancer et plus 4,000 en décèdent. Bien que la survie suite à ce cancer soit favorable, plusieurs patients doivent faire face, suite à son diagnostic ou à son traitement, à des effets indésirables affectant sérieusement leur qualité de vie, notamment l'impuissance permanente, l'incontinence urinaire, etc. Il est donc impératif d'identifier des moyens pour prévenir ce cancer, ce qui repose sur l'identification des facteurs de risque. En dépit des efforts déployés, les seuls facteurs de risque clairement identifiés jusqu'ici sont l'âge, une histoire familiale positive de ce cancer, et l'appartenance ethnique. Les distributions temporelles et géographiques dans l'incidence de ce cancer suggèrent que son étiologie relève d'influences environnementales. Aussi les expositions environnementales, telles que celles présentes dans l'environnement de travail ou autre, et les habitudes de vie représentent-elles des facteurs de risque potentiels qui doivent faire l'objet de recherches. De plus, l'étude du rôle des facteurs génétiques et des interactions gènes-environnement est à l'avant-garde de la recherche visant à identifier les facteurs de risque de cette forme de cancer.
Dans le cadre d'une étude cas-témoins montréalaise, nous procédons présentement au recrutement de 1,500 cas incidents de cancer de la prostate et 1,500 témoins de la population générale. Des entrevues sont obtenues avec chacun d'eux pour retracer leur histoire professionnelle afin d'évaluer le rôle de 100 substances chimiques professionnelles, incluant plusieurs modulateurs hormonaux. De plus, des informations sont recueillies sur des facteurs rattachés au mode de vie, i.e., l'activité physique (récréative, résidentielle et professionnelle), les habitudes sexuelles, l'obésité, la calvitie, les habitudes de tabagisme et de consommation d'alcool. Des échantillons de salive sont recueillis afin d'évaluer le rôle de polymorphismes génétiques (principalement impliqués dans le métabolisme des substances cancérigènes et dans le métabolisme hormonal), qui peuvent moduler le risque de développer le cancer de la prostate.
Étude cas-témoins de la relation entre l'utilisation du téléphone cellulaire et les risques de tumeurs du cerveau, de la grande parotide et du nerf acoustique : composante montréalaise d'une étude internationale.
(Subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada).
Les téléphones cellulaires émettent des radio-fréquences à faibles doses. Le combiné téléphonique étant maintenu à l'oreille, il est possible que ces radiations (mesurables dans une région d'environ 2.5 cm2 à l'intérieur de la tete, à proximité du combiné) puissent augmenter les risques de tumeurs du cerveau, de la grande parotide et du nerf acoustique. Jusqu'ici peu d'études épidémiologiques ont été menées pour tester ces hypothèses. L'introduction des cellulaires sur le marché étant relativement récente (début des années 1990), les études antérieures ne permettent pas d'évaluer le risque potentiel associé à une utilisation prolongée et ne permettent pas de tenir compte d'une période de latence suffisamment longue. De plus, elles n'ont été menées que sur groupes de sujets relativement restreints. Enfin, elles ne permettent pas d'évaluer les risques chez les nouveaux "grands utilisateurs", ne tiennent pas compte des récents changements technologiques et ne fournissent pas d'information quant au risque associé à l'exposition aux radio-fréquences en tant que telles. Pour pallier à ces lacunes, une étude cas-témoins multi-centrique faisant appel à la participation d'environ 18,000 sujets à travers 13 pays est coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (France), un organisme parrainé par l'Organisation mondiale de la santé. Dans le cadre de la composante montréalaise de cette étude, tous les nouveaux cas atteints des trois formes de tumeurs précitées ont été identifiés à travers le Grand Montréal sur une période de deux ans et invités à compléter un questionnaire administré par un intervieweur. Nous procédons maintenant à l'analyse des données. Il est à prévoir que les résultats de cette étude, la plus vaste sur le sujet, auront un impact important étant donné l'intéret marqué du public pour la question. L'utilisation de cellulaires étant en croissance fulgurante à travers le monde, il est impératif de s'assurer le plus tôt possible, par le biais d'études solides, que ces appareils ne résulteront pas en un problème de santé publique majeur.
Étude cas-témoins de la relation entre les expositions professionnelles et le cancer du poumon.
(Subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada)
Cette étude vise à évaluer le rôle de 300 agents chimiques que l'on peut retrouver dans l'environnement de travail dans l'étiologie du cancer du poumon. Environ 1,400 patients nouvellement atteints de cette forme de cancer et 2,200 témoins de la population générale ont été interrogés afin d'obtenir une description détaillée de leur histoire professionnelle, des tâches qu'ils ont effectuées, des procédés et des produits chimiques qu'ils ont utilisés. Suivant une approche méthodologique développée par notre groupe et qui est maintenant reconnue comme la méthode de référence pour ce genre d'études, une équipe de chimistes industriels a révisé l'histoire professionnelle et inféré l'exposition possible aux différents agents chimiques. Bien que certaines substances chimiques (ex. amiante, arsenic, chrome hexavalent, etc.) soient reconnues comme cancérigènes pulmonaires, plusieurs autres sont soupçonnées de l'etre et leur rôle doit etre précisé. Il est aussi fort probable qu'un grand nombre d'agents chimiques encore méconnus augmentent le risque de développer un cancer du poumon. Il est important d'identifier les agents professionnels cancérigènes afin d'établir des mesures préventives chez les travailleurs. Toutefois, la portée de cette étude excède largement le contexte professionnel des individus. En effet, l'environnement professionnel représente l'un des meilleurs milieux pour étudier le rôle des agents chimiques puisque les niveaux d'exposition y sont habituellement plus élevés que dans l'environnement général, et donc plus facilement mesurables, et que la plupart des agents chimiques professionnels se retrouvent éventuellement dans l'environnement général. Les analyses statistiques sont en cours.
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